N°78 - décembre 2018


1. Production et gestion des déchets solides des établissements de tourisme dans la région du centre Cameroun : cas du Mérina hôtel de Yaoundé

Arsène Delors Foyet Gankam ; Paul Tchawa.
Dans la ville de Yaoundé, capitale du Cameroun et chef-lieu de la région du Centre, les établissements de tourisme produisent d’importantes quantités de déchets solides. Ces déchets, précisément ceux hôteliers de par leur nature sont assimilables aux déchets solides ménagers. Les différents services offerts par ces établissements sont : l’hébergement, la restauration, l’administration et l’entretien. Toutes ces activités ou services produisent des déchets de natures et de compositions différentes, mais surtout de quantités variables en fonction des saisons de fréquentation. La restauration (cuisine, bar, restaurant) produit le plus de déchets avec une moyenne comprise entre 80 et 102 kg par jour, soit 82% de la quantité totale de déchets produits. Ces déchets sont en majorité humides, constitués à 69% de fermentescibles. La fraction valorisable représente un total de 97%. Individuellement, un touriste ou un résident de l’hôtel produit entre 3,92 et 5,27 kg de déchets par jour contre 0,6 et 0,8 kg pour un résident ordinaire de la ville.En dehors des circuits de collecte informels, qui récupèrent les bouteilles en PET et les bidons plastiques issus de l’utilisation des produits d’entretien, aucune autre fraction n’est véritablement triée, ni valorisée. La quasi-totalité de ces déchets est déversée dans les bacs à ordures municipaux puis transportée à la décharge sans aucune forme de traitement en dépit des exigences règlementaires et des filières de valorisation […]

2. Maîtrise de la gestion des fumiers de bovin avant méthanisation : un enjeu clé pour optimiser la production de biogaz

Ruben Teixeira Franco ; Pierre Buffière ; Rémy Bayard.
Ce travail porte sur l'optimisation des pratiques de gestion des fumiers de bovin avant méthanisation dans l'objectif d'améliorer la conservation du potentiel bio-méthanogène. Différentes conditions de stockage ont été étudiées expérimentalement pendant 120 jours à l'échelle du laboratoire, en particulier le stockage aérobie ainsi que l'ensilage et le co-ensilage. Ces expériences ont permis de mettre en évidence la très mauvaise conservation du fumier de bovin frais dans les deux conditions de stockage. D'une part, le potentiel bio-méthanogène a été réduit d'environ 74 % pendant le stockage aérobie. D'autre part, les propriétés chimiques du fumier frais ont restreint la stabilisation apportée par l'ensilage, entraînant des pertes de 46 % de potentiel bio-méthanogène. Cependant, les essais de co-ensilage ont montré que le potentiel méthanogène des fumiers de bovin peut être mieux conservé par des conditions de stockage adaptées. Le co-ensilage avec de la paille de blé a ainsi permis de limiter la baisse du potentiel méthanogène entre 5 et 67 % et l'ajout de glucose ou d'amidon comme co-substrat d'ensilage a rendu les pertes négligeables en 120 jours de stockage. Le co-ensilage de fumier de bovin avec un co-substrat riche en sucres facilement biodégradables et à teneur en matière sèche élevée semble être la méthode la plus pertinente pour la préservation du potentiel énergétique de cette ressource avant méthanisation.

3. Éditorial n°78 Déchets Sciences et Techniques

Rémy Gourdon.
La publication du numéro 78 coïncide avec une période où les revendications sociales s’expriment en France de manière particulièrement exacerbée. Leurs origines et motivations sont multiples et complexes, rendant difficile comme souvent leur analyse à chaud. Mais on peut trouver dans le mouvement qualifié « des gilets jaunes » certaines particularités qui m’ont conduit à aborder le sujet dans mon édito. Parmi ces particularités figure la nature du facteur ayant déclenché le mouvement : la hausse de la fiscalité sur les carburants. Motivée au départ par une volonté affichée du gouvernement d’inciter à la réduction de la consommation d’énergie fossile dans le but de limiter notamment les émissions de gaz à effet de serre, cette décision est apparue injuste car inéquitable, ce qui a alors catalysé l’agrégation de nombreuses revendications sociales. Je ne cherche bien évidemment pas dans ces quelques lignes à analyser le bien fondé des revendications. Mais l’ampleur des manifestations par lesquelles elles s’expriment souligne à mes yeux combien la mise en œuvre des principes du développement durable est difficile. L’économie de marché qui domine l’organisation des systèmes humains sur la planète n’offre pas des mécanismes de régulation permettant l’anticipation nécessaire. Le prix de marché des énergies fossiles est dicté par un ensemble de jeux d’acteurs (producteurs et consommateurs), de luttes d’influence et autres spéculations. Le coût de l’énergie fossile ne […]

4. Le secteur informel, un acteur majeur pour une collecte sélective des déchets dans les pays en développement : cas des déchets métalliques à Yaoundé (Cameroun)

Sosthène Djoussi N. ; Georges Nkeng ; Ahmed Youssoufa B. ; Christelle Matchinda D..
Dans la plupart des villes des pays en développement, la gestion des ordures ménagères et assimilées (OMA) souffre d’un véritable problème de collecte. À Yaoundé, capitale du Cameroun, cette situation résulte essentiellement du défaut d’urbanisation ainsi que du manque de financement ; d’où la nécessité de trouver une alternative moins coûteuse mais tout aussi efficace qui s’apparente au contexte local. Cependant, dans la même ville, les déchets métalliques (DM), sont efficacement collectés. Fort surprenant, le succès de cette collecte provient du secteur informel (SI). D’où la question : qu’est ce qui favorise ce succès et quelles leçons en tirer au profit de la collecte des OMA ? Cette étude visait à apporter un regard critique du rôle du SI dans la gestion de la ferraille à Yaoundé dans un processus d’économie circulaire afin de proposer des solutions pour qu’il s’implique dans la collecte des OMA. Pour cela, une caractérisation des activités de collecte des DM a été effectuée à travers observations, entretiens, enquêtes et quantifications. Ainsi nous avons noté que plus de 800 personnes exercent constamment dans la récupération de la ferraille. De plus on dénombre 106 points de transfert où lesdits déchets sont vendus au kg, variant de 50 FCFA (0,08 €) à 110 FCFA (0,17 €). En outre, la quantité de ferraille collectée de janvier à juin 2017 est importante et s’élève à 35,47 t/j. Cependant, plus de 40 % des OMA ne sont pas collectés. Par ailleurs, le SI, […]

5. Extraction chimique des métaux lourds des argiles de la décharge finale d’Agoè-Nyivé au Togo

Bassaï Magnoudéwa Bodjona ; Sanonka Tchegueni ; Diyakadola Dihéénane Bafai ; Mohamed El Meray ; Mohamed Zamama.
Une couche d’argile suffisamment épaisse, continue et homogène sous un dépôt de déchets constitue une barrière empêchant la pollution de la nappe phréatique si les lixiviats sont bien drainés à sa surface puis correctement traités. Depuis l’exploitation de la décharge d’Agoè-Nyivé (Lomé), très peu d’études, ont été réalisées sur l’état de pollution notamment en métaux lourds de la couche de base de la décharge composée d’argile.L’objectif de ce travail est d’évaluer la teneur de certains métaux (Pb, Cd, Ni, Cu et Zn) dans les échantillons de couches de base de la décharge finale d’Agoè-Nyivé afin d’évaluer leur potentielle migration vers la nappe.L’analyse qualitative des échantillons d’argile à travers la diffraction des rayons X, montre l’existence de quartz, de carbonates et de kaolinite avec des proportions variables d’un échantillon à l'autre. Une analyse complémentaire notamment la spectroscopie infrarouge montre la présence d’une kaolinite avec des bandes observées dans la région de vibration des hydroxyles situées à 3698, 3652 et 3622 cm-1.Les teneurs en métaux lourds analysées après extractions sélectives montrent que le plomb et le nickel ont une forte propension à se lier respectivement à la fraction réductible et résiduelle. Par contre, le cadmium a une répartition quasi-égale dans les quatre fractions alors que le zinc est plus présent dans la fraction échangeable et acido-soluble avec des pourcentages variant de 18,75 à 76,67 %.La forte présence […]

6. Utilisation d’un lit fixe d’origine naturelle pour le traitement biologique d'effluents laitiers

Amal Aitcheikh ; Nadia Boutaleb ; Bouchaib Bahlaouan ; Mohammed Bennani ; Saïd Lazar ; Saïd El Antri.
L’utilisation de coquilles d’huîtres comme support, d’origine naturelle, dans les réacteurs biologiques à biomasse fixe a été étudiée en présence de champignons Aspergillus niger et Penicillium chrysogenum pour le traitement des effluents de laiteries. L’objectif étant de comparer les performances d’épuration entre plusieurs traitements biologiques à biofilms, différents par l’utilisation de supports de colonisation et aussi par leurs conceptions. Le support commercial commun Kadnes (Kaldnes K3) a été ainsi étudié dans le cas de traitements biologiques du même effluent, et les performances d’abattement de la pollution organique dans les deux cas ont été comparées. Les résultats révèlent des performances comparables après 24 heures de traitement. Ces rendements étaient meilleurs comparés au traitement biologique qui n’utilise pas de supports.