N°71 - octobre 2016


1. Vers une économie circulaire... de proximité ? Une spatialité à géométrie variable

Mathieu Durand ; Jean-Baptiste Bahers ; Hélène Beraud.
La prise en compte d’une certaine « proximité » fait partie des principes de base de la gestion des déchets. Pour autant ce principe n’est ni clairement défini dans la loi, ni clairement appliqué. La proximité est par ailleurs liée au concept nouveau d’économie circulaire (qui met en avant le cadre territorial local), sans que celui-ci n’intègre de dimension spatiale dans sa définition. L’objectif de ce texte est de comprendre les modalités de mise en œuvre du principe de proximité de gestion des déchets en fonction des différentes filières de traitement, afin d’interroger sa pénétration du concept d’économie circulaire. La méthodologie développée s’appuie sur l’identification du métabolisme de plusieurs villes françaises, ainsi que sur des entretiens avec les acteurs du domaine.L’application du principe de proximité semble se faire à géométrie variable en fonction des filières. Certaines sont gérées localement, concernant par exemple les déchets pondéreux, putrescibles ou ultimes. D’autres au contraire exportent plus largement leurs déchets (déchets à forte valeur ajoutée ou déchets dangereux). Nous identifierons alors les critères qui façonnent cette lecture en fonction des filières et des acteurs. La structuration de nouvelles filières de Responsabilité Elargie du Producteur vient complexifier cette analyse spatiale. Cette diversité de situations permet d’opérer un regard sur l’échelle de mise en œuvre d’une économie circulaire.

2. Éditorial n°71 Déchets Sciences et Techniques

Rémy Gourdon.
Chères lectrices, chers lecteurs,Près d’une année s’est écoulée depuis la parution du numéro 70 de DST précédant celui-ci. Ce délai est largement supérieur à celui auquel nous avions habitué nos lecteurs au cours des dernières années. Il n’est pas conforme non plus à l’objectif affiché par l’équipe éditoriale de rechercher une fréquence de publication de 3 numéros par an.Plusieurs raisons expliquent ce retard. En premier lieu, nous avons travaillé, en parallèle à la préparation de ce numéro 71, à l’édition d’un numéro spécial de la revue qui publiera une sélection d’articles étendus issus du colloque scientifique international "Eau, Déchet & Développement Durable" (E3D 2016) organisé par l’Université de Lomé, Togo, du 7 au 11 mars 2016. Ce numéro spécial devrait regrouper 6 articles et paraitra dans un mois seulement. Nous verrons donc in fine la publication de deux numéros en 2016, mais à un intervalle très rapproché l’un de l’autre.D’autre part, malgré nos efforts, la procédure d’examen des manuscrits par deux lecteurs experts est relativement longue, car elle exige souvent plusieurs allers-retours entre les auteurs et les lecteurs pour aboutir, lorsque le manuscrit est accepté, à la version définitive qui pourra être publiée. Cette procédure est cependant indispensable pour garantir l’originalité des articles et le niveau de qualité permettant à nos lecteurs de trouver intérêt à les lire et à les citer dans leurs propres publications.Pour voir […]

3. Comportement des déchets en décharge sous climat tropical humide : cas de Nkolfoulou à Yaoundé

Emmanuel Ngnikam ; Pascale Naquin ; C. Pagbe Peha ; Fouad Zahrani ; K. Bruno Djietcheu.
Les paramètres de comportement des déchets analysés concernent : la masse volumique, la teneur en eau, la température et la perméabilité. Ces quatre paramètres sont mesurés in situ sur des alvéoles en cours de remplissage ou déjà fermé.La masse volumique des déchets enfouis est mesurée en deux étapes : l’excavation d’un volume de déchets obtenu par le cubage d’une fouille, puis les déchets enlevés sont pesés au pont bascule. La fouille est effectuée dans plusieurs casiers de différents âges et à plusieurs profondeurs. La teneur en eau des déchets enfouis est mesurée directement par séchage d’un sous-échantillon à une température de 90°C jusqu’à masse constante. Deux méthodes sont utilisées pour mesurer la perméabilité des déchets enfouis : la méthode de double anneau et la méthode des fouilles.La masse volumique des déchets enfouis varie avec l’âge et la profondeur des couches. Les déchets les plus jeunes ont une masse volumique moyenne de 0,9 tonnes/m3. Elle augmente avec l’âge des déchets pour atteindre une valeur moyenne de 1,3 après un an. L’effet saisonnier a peu d’influence sur la masse volumique des déchets enfouis.La teneur en eau des déchets enfouis augmente avec la profondeur. Pendant la saison sèche elle passe de 36,3 % (0-1 m) à 77,0 % (1,2-2,4 m). Un autre test effectué dans le même casier confirme l’augmentation de la teneur en eau avec la profondeur, mais avec des valeurs inférieures à celles du test précédent : 40 % (0-1 m) et 43 % (2,2-3,6 m). […]

4. Dosage rapide sur site des sulfates dans les granulats recyclés issus du BTP

Hélène PAULUS ; Myriam Jagueneau ; Romain Lafon ; Olivier Waterblez.
En 2012, le secteur du bâtiment et des travaux publics aura généré près de 250 millions de tonnes de déchets minéraux. La réutilisation de ces matériaux de déconstruction en technique routière est subordonnée au respect de prescriptions géotechniques et environnementales. Ces dernières imposent la réalisation de contrôles réguliers de la qualité des matériaux produits, en particulier de leur teneur en sulfates solubles, ces substances étant susceptibles de provoquer des gonflements préjudiciables pour les structures en béton. Afin de simplifier les opérations de contrôle et gagner en réactivité sur les plateformes de production, l’objectif de cette étude a été de développer une méthode de dosage rapide, sur site, des sulfates solubles dans les granulats recyclés issus du BTP. La méthode a été mise en œuvre en laboratoire puis sur une plateforme de recyclage. Elle repose sur un échantillonnage adapté aux conditions de terrain et permet d’estimer de façon semi-quantitative la concentration en sulfates par une méthode visuelle à l’aide du kit Visocolor®. Ce travail a permis en outre de proposer une valeur d’alerte pour les matériaux susceptibles de présenter une teneur en sulfates supérieure au seuil de conformité de 0,7 %. Cette valeur reste à consolider sur un plus grand nombre d’échantillons.

5. Etude de l'impact sanitaire et environnemental des déchets hospitaliers dans 4 éblissements hospitaliers de Kinshasa en RDC

W. Kasuku ; C. Bouland ; Ch. De Brouwer ; B. Mareschal ; C. Mulaji ; M. Malumba ; O. Monama ; B. Epumba ; A. Kitambala.
En RDC, les déchets hospitaliers correspondent à un mélange des déchets assimilés aux ordures ménagères (DAOM) et des déchets d’activités de soins à risques infectieux(DASRI). Dans le cadre lié à l’hygiène hospitalière, notre étude s’intéresse à l’impact de ces déchets hospitaliers sur le poste de travail et l’environnement.Pour le poste de travail, sur 20 personnes choisies, plus de 70 % ont souffert de la sensation d’oppression thoracique, du syndrome de poussières organiques, de la sécheresse de la gorge et du nez, des moisissures et des actinomycètes. Environ 40 % ont souffert d’affections gastro-intestinales lors de la manipulation des déchets hospitaliers (de la collecte au traitement/élimination).Du point de vue environnemental, la caractérisation physico-chimique des eaux de ruissellement sortant des dépôts de déchets sauvages des quatre hôpitaux choisis (CUK, HGRK, HGRN, HGK)1 montrent des concentrations élevées pour la plupart des paramètres étudiés. Pour la première campagne réalisée réalisé en 2006, le rapport DBO5/DCO est de 0,08 pour les lixiviats. Sur la base des données disponibles, la charge polluante est composée des chlorures (5529 mg/l), de la DCO (890 mg/l) et du Cd (20,1 µg/l). La conductivité électrique est de 25,80 µS/cm-1, le pH est basique (9,07) et la T° est moyenne (27,03 °C). Pour la campagne de 2010, le rapport DBO5/DCO a une valeur plus élevée de 0,46 ; la concentration en chlorures est de 177,17 mg/l et les MEST atteignent la […]

6. Le titane dans les sédiments de l'assainissement pluvial urbain : sources, concentrations, mobilités

Julie Bourdoiseau ; Cécile Delolme.
Le titane est un élément très largement utilisé dans les infrastructures urbaines. L’objectif de cette étude est de connaître la signature géochimique du titane dans les sédiments de l’assainissement urbain pour évaluer la capacité de stockage de cet élément dans ces matériaux et évaluer sa mobilité potentielle dans l’environnement. Ce travail est basé dans un premier temps, sur la comparaison des concentrations de titane, fer, silice, plomb, zinc et cuivre dans plus de 800 échantillons de sédiments de rivières européennes et 19 bassins d’infiltration d’eaux pluviales urbaines de Lyon. Même si les concentrations en titane ne sont pas plus élevées dans les sédiments des bassins d’infiltration (moyenne de 2,7 g/kg) que dans les sédiments de rivières européennes (1,5 à 4,0 g/kg), le milieu urbain concentre le titane proportionnellement aux principaux éléments minéraux présents comme le silicium. Le titane est apporté simultanément avec les métaux traces. Ainsi, le milieu urbain génère, par érosion, des particules qui présentent une signature géochimique particulière. Dans un deuxième temps, l’étude de la mobilité potentielle du titane en batchs sous forme soluble et colloïdale dans des sédiments urbains pluviaux, montre que cet élément est très peu mobile (moins de 0,005 % du titane total) même sous forme colloïdale. La quantité de matière organique semble favoriser la limitation de la mobilité du titane colloïdal en suspension.