N°83 - mars 2020


1. Éditorial n°83 Déchets Sciences et Techniques

Rémy Gourdon.
Riche de près d'un quart de siècle d'existence, dans la fleur de l'âge donc, la revue DST va aborder une nouvelle phase dans son existence.Je vous l'annonçais en effet dans mon édito du n°82, l'INIST, qui héberge et diffuse DST sur sa plateforme I-Revues, a décidé d'arrêter son service de diffusion en libre accès. Cette situation que nous regrettons nous impose de trouver une autre plateforme de diffusion. Plusieurs options été étudiées et les choix définitifs n'ont pas encore été faits. Le partenariat avec une nouvelle plateforme de diffusion sera établi dans les semaines ou mois qui viennent. Nos auteurs et lecteurs seront bien évidemment informés du futur dispositif dès que le choix sera arrêté. Nous avons décidé de profiter de cette situation contrainte pour saisir l'opportunité de faire évoluer la revue. Le champ thématique et le titre de la revue vont probablement être modifiés pour mieux correspondre aux enjeux actuels des sciences et génie de l'environnement, dans cette période de transitions déterminante pour l'avenir de nos sociétés. Mais la préparation de l'avenir de la revue n'empêche pas, bien au contraire, de goûter le temps présent. Voici donc ce qui sera probablement le dernier numéro de la revue dans sa version actuelle.Bonne lecture. Je vous donne rendez-vous dans quelques mois pour la parution du premier numéro de la revue dans sa nouvelle configuration. D'ici là, vos soumissions d'articles restent les bienvenues !

2. Validation d’une méthode de valorisation matière et énergie des huiles de vidange

Mbomen Mbomen Louis Merlin ; Nanfack-Minkeu Ferdinand ; Nangue Mbomen Raoul ; Teponno Rémy Bertrand ; Kagou Dongmo Armand.
Au Cameroun, plus de 25 200 tonnes d’huiles de vidange sont gérées annuellement par des méthodes non réglementaires comme par exemple la combustion en foyers non adaptés, voire le rejet direct dans le milieu naturel. Or, ces huiles sont classées parmi les déchets dangereux tant pour l’homme que pour tous les compartiments de l’environnement. Ce travail a pour objectif la valorisation matière et énergie en chaudière de ces huiles par une méthode combinant l’action des sels fondus, distillation sous pression réduite et traitement sur terre absorbante activée (ASFDPRTTA). Il s’agit d’un enchainement de techniques chimiques simples dans des conditions opératoires particulières pour un résultat tout aussi particulier. L’huile usée, traitée par cette méthode, fournit un combustible (écofuel) avec des taux de polluants extrêmement réduits respectant les normes en vigueur. D’autre part, ce combustible présente des caractéristiques physico-chimiques très proches de celles du gazole, permettant son utilisation directe sans restriction dans une chaudière à gazole. Ce combustible a également été utilisé comme base pour la régénération d’un lubrifiant nouveau (envilub) moyennant l’ajout d’additifs dans des proportions convenablement choisies. Notre méthode à moindre coût, utilisant des équipements simples, peut être mise en œuvre par des personnes sans qualification spécifique, associant ainsi la création d’emploi et la préservation de l’environnement.

3. Quelle gestion pour une prise en charge efficiente des déchets d’activités de soins à risques infectieux en Algérie ? Cas d’Azzaba

Salah Chaoui.
Le développement économique et social qu’a connu l’Algérie a généré de grandes quantités de déchets, y compris de déchets spéciaux. Malgré les efforts déployés et les textes législatifs promulgués, leur gestion et leur traitement s’avèrent difficiles. La production de ces matières nocives est devenue source de problèmes, non seulement d’insalubrité mais également de santé publique. En effet, les insuffisances dans la gestion de ces résidus spéciaux contribuent globalement à une dégradation de la qualité environnementale et plus précisément à une pollution visuelle, olfactive ainsi qu’à des impacts potentiels sur la santé humaine. Face à cette situation et afin de minimiser les risques environnementaux et sanitaires, une prise en charge plus rigoureuse et plus rationnelle des Déchets d’Activité de Soins à Risques Infectieux (DASRI) s’impose à l’ensemble des acteurs concernés. L’objectif de cet article est de contribuer à identifier l’impact de ces Déchets Spéciaux sur la santé humaine et l’environnement à Azzaba, une petite ville de l’Est algérien. Cette ville a connu et connait un fort développement démographique et économique accompagnés par une plus grande couverture sanitaire (implantation d’hôpital, centres de santé et de soins…). Au terme de l’étude, des pistes d’actions pour une Gestion Durable des DASRI sont discutées.

4. Gestion des déchets ménagers dans la ville de Kinshasa : Enquête sur la perception des habitants et propositions

Holy Holenu Mangenda ; Pius Mulaba ; Alfred Kiawutua.
Cet article présente un travail d’enquêtes et interviews menées auprès des habitants des 22 communes constituant la ville de Kinshasa ainsi que des acteurs de la gestion des déchets sur leur perception de la gestion des déchets municipaux et l’existence de très nombreux dépôts sauvages dans la ville. La production de déchets municipaux de la ville de Kinshasa, RD Congo, a été estimée en 2016 à 2 millions de tonnes par an (Lelo Nzuzi, 2008), soit 5 600 tonnes par jour, pour une population estimée à plus de 12 millions d’habitants.Les résultats des enquêtes montrent que les principales causes de la mauvaise gestion sont jugées être l’inefficacité du système de collecte mis en place et l’indiscipline de la population. La population de la ville de Kinshasa jette quotidiennement les déchets dans les lieux non autorisés, avec des conséquences néfastes sur l’environnement et sur la santé de la population. Face à cette situation, il est proposé de mettre en place de manière effective le système dit « RVM » (Réduction, Valorisation et Mise en décharges), qui préconise dans un premier lieu la réduction de la production de déchets, puis la valorisation des déchets produits, et enfin seulement la mise en décharge de déchets résiduels non valorisables. Cette approche permettrait non seulement de lutter contre les pollutions des milieux dues aux dépôts et décharges sauvages, mais aussi de réduire les émissions de gaz à effet de serre et leurs effets sur le dérèglement […]

5. Lecture de la dynamique territoriale à Douala et son impact sur la gestion des déchets solides ménagers par la théorie de la formation socio-spatiale

Louis Tchuikoua.
Depuis les années 1970, la quasi-totalité des états du monde a pris conscience de la nécessité d’intégrer la gestion rationnelle des déchets, notamment des déchets solides ménagers dans leurs politiques environnementales nationales et locales. Cette conscience environnementale a été le résultat de l’évolution de plusieurs événements environnementaux dans le monde. Elle s’est matérialisée à Rio de Janeiro en 1992 par la mise en place de l’« Agenda 21 » qui a consacré son chapitre 21 essentiellement à la gestion écologiquement rationnelle des déchets. Les états signataires des actes de Rio dont le Cameroun, s’étaient par la même occasion engagés à intégrer dans leurs politiques environnementales internes, des mécanismes et stratégies pour une gestion rationnelle et durable des déchets ménagers. Dès lors, on peut se demander pourquoi plusieurs années après Rio, en dépit de ces engagements, des menaces liées à la mauvaise gestion des déchets persistent dans les pays africains et précisément à Douala ? Cette recherche vise à s’appuyer sur la théorie de la « formation socio-spatiale » de Guy Di Méo pour mettre en évidence la dynamique territoriale de Douala en rapport avec la gestion des déchets ménagers solides. Les données présentées ici sont issues des observations de terrain, des enquêtes et entretiens auprès des personnes ressources et de la consultation des documents en relation avec le sujet. L’article met ainsi en exergue la dynamique territoriale doualaise […]

6. Étude des propriétés physico-mécaniques d’un béton hydraulique contenant des cendres de coques d’anacarde de tailles micrométriques et nanométriques substituant partiellement le ciment

Augias Anagonou ; Thierry Godjo ; Victor Songmene ; Yvette Tankpinou.
L’utilisation de déchets comme ressources alternatives est une approche permettant de réduire les pressions sur les ressources naturelles ainsi que les iMPacts environnementaux liés à l’élimination des déchets, si le recyclage est conduit dans des conditions respectueuses de l’environnement. L’objectif de la présente étude est de déterminer les conditions d’incorporation de cendres de coques d’anacarde en substitution partielle du ciment dans le béton. Les cendres utilisées sont issues des coques d’anacarde collectées à Afonkanta Benin Cashew, une des usines de transformation des noix d’anacarde en amande. Les différents ajouts de cendre se substituent graduellement, à la quantité de ciment additionné au béton, à des proportions de 5 %, 10 %, 15 %, 20 % et 25 % de cendres. Les caractéristiques physico-mécaniques y afférant, à savoir la résistance à la compression, la résistance à la traction, la conductivité hydraulique et l’affaissement du béton dans le temps, ont été déterminées. Les résultats physico-mécaniques montrent que les meilleures caractéristiques du mélange hydraulique ont été obtenues à la proportion de 15 % de cendre. En effet, un mélange de béton hydraulique de 15 % de cendre à 28 jours de maturité donne une résistance à la compression de 51,83 N/mm2, une résistance à la traction de 13,65 N/mm2 et une faible valeur de conductivité hydraulique de 3,48 10-17 m/s. Il est aussi observé un affaissement moyen de 3 mm.