N°73 - mai 2017


1. Analyse du cycle de vie (ACV) d’une filière de valorisation terrestre de sédiments de dragage marins contaminés

Juncheng Bai ; Vincent Chatain ; Valérie Laforest.
Le dragage des ports français génère chaque année entre 25 et 40 millions de tonnes de sédiments, cependant peu de filières de traitement et de valorisation adaptées existent. Par conséquence, de nombreux programmes de recherche ont émergé tel que le programme SEDiGEST qui envisageait un scénario de remblaiement des carrières par des sédiments marins traités.L’objectif de cet article est d’évaluer les impacts environnementaux de cette filière de valorisation terrestre de sédiments marins afin de mieux identifier les processus les plus pénalisants. L’évaluation a été réalisée en utilisant une Analyse de Cycle de Vie (ACV) via l’outil GaBi 6, la base de données Ecoinvent v2.2 et la méthode de caractérisation ReCiPe.Dans le scénario de remblaiement de carrière, l’étude comparative de deux alternatives au sein d’une même filière de valorisation terrestre a ainsi permis de conclure que l’ajout d’une étape de stabilisation par des liants hydrauliques ne semble pas bénéfique et ne permet pas de réduire les impacts environnementaux potentiels.

2. Éditorial n°73 Déchets Sciences et Techniques

Rémy Gourdon.
Après le numéro 72 paru en novembre dernier, consacré au congrès E3D 2016 (« Eau, Déchets et Développement Durable ») qui s’est tenu à Lomé (Togo) en mars 2016, et le numéro 71 publié à peine un mois plus tôt, nous retrouvons avec le présent numéro 73 un rythme de publication plus habituel pour la revue. Celui-ci, avec une moyenne de 3 à 4 numéros par an, a permis à la revue DST de publier 73 numéros en une vingtaine d’années d’existence. Il résulte à la fois du nombre de manuscrits soumis pour publication par la communauté scientifique, et du taux d’acceptation résultant du travail des lecteurs qui révisent les manuscrits. Je m’efforcerai, ainsi sans nul doute que mes successeurs, à maintenir ce rythme encore au moins vingt années supplémentaires !En cohérence avec la ligne éditoriale de la revue, ce nouveau numéro regroupe des contributions de diverses équipes de recherche francophones. Ainsi, les deux premiers articles du numéro sont issus de travaux conduits par des équipes togolaises, qui ont certainement bénéficié de l’effet positif d’entrainement du congrès E3D 2016 de Lomé. Les autres articles proviennent d’équipes françaises, égyptienne et algérienne.La revue DST conserve son ambition de publier en français des articles de recherche et de retour d’expérience, avec un délai de relecture que nous nous efforçons de maintenir court, auprès d’un lectorat de scientifiques et autres professionnels partageant un intérêt commun pour le génie de […]

3. Défluoruration des eaux à l’aide des résidus du traitement des phosphates naturels et des argilites feuilletées

Gnon Tanouayi ; Kissao GNANDI ; Kamilou Ouro-Sama ; Housséni Ahoudi ; Hodabalo Dhéoulaba Solitoke ; Tchaa Esso-Essinam Badassan ; A. Yawovi Nyametso ; Aduayi-Akué Adoté Agbéko.
Cette étude est une contribution au développement de techniques d’adsorption pour l’élimination du fluor dans les eaux naturelles. Les travaux ont été réalisés à l’échelle du laboratoire en utilisant comme sorbants des géo-matériaux locaux, d’une part les résidus du traitement des phosphates naturels de Hahotoé-Kpogamé et d’autre part l’argilite feuilletée du bassin sédimentaire côtier du Togo. Les travaux réalisés concernent l’adsorption du fluor sur les sorbants considérés. Les paramètres suivants ont été testés en batch sur des solutions synthétiques de fluor : le temps, le pH de la solution, la dose du géo-matériau et la concentration du fluor. Le fluor a été dosé par spectromètrie d’absorption. Les rendements d’adsorption sur les résidus de traitement des phosphates pour des solutions aqueuses de fluor à concentration initiale de 10 mg/L et une concentration en adsorbant de 10 g/L ont été de 49 % à pH 6,5 et 66 % à pH de 4,0. Dans les mêmes conditions expérimentales, les rendements sur les argilites ont été de 28,2 % et 36,3 %. Ces rendements ont logiquement été améliorés en augmentant le dosage en adsorbant (de 2 à 30 g/L). Des essais complémentaires ont été réalisés sur une eau naturelle à une concentration initiale en fluor de 3,76 mg/L.

4. Traitement de déchets ménagers par co-compostage avec la légumineuse Cassia occidentalis L. et quelques adjuvants de proximité pour améliorer la qualité agronomique de composts

Atalaèsso Bokobana ; Outéndé Toundou ; Lankondjoa Kolani ; Kokou Amouzouvi ; Edem Koledzi ; Koffi Tozo ; Gado Tchangbédji.
L’objectif de cette étude est d’améliorer la qualité agronomique de composts de déchets ménagers par co-compostage avec la biomasse d’une légumineuse envahissante au Togo, Cassia occidentalis L. et d’autres adjuvants comme le fumier, le phosphate naturel brut et la cendre de coques de grains de coton. Six composts ont été élaborés en cuve, l’un produit à partir de la fraction fermentescible de déchets ménagers collectée à la source, les autres associant différemment les adjuvants précités. La maturité et les qualités agronomiques du produit fini ont été déterminées suivant les analyses chimiques élémentaires, le dosage des acides humiques et fulviques, la spectroscopie UV-Visible et un test de phyto-toxicité. Les résultats ont montré que le pH reste légèrement acide à neutre pour les composts produits avec la biomasse de Cassia et un rapport C/N moyen de 20. Ces composts sont 1,5 fois plus riches en matières organiques notamment en acides humiques et retiennent environ 1,15 fois plus d’eau. Leur forte richesse en nutriments explique en partie leur forte salinité (4,37-4,60 mS.cm-1). Ils donnent les meilleurs taux de germination (93 %) à une dose de 25 %. Les teneurs en métaux lourds (Cu, Zn, Cd, Ni, Pb) sont largement inférieures aux normes internationales quel que soit le type de compost. Ainsi, le co-compostage des déchets ménagers avec la biomasse de Cassia occidentalis, le fumier, le phosphate naturel brut et la cendre, améliorerait de façon significative […]

5. Contribution à l’amélioration de la gestion des déchets d’équipements électriques et électroniques ménagers au Cameroun : cas de la ville de Douala

Aurélien Douandji Tchoupou ; Emmanuel Ngnikam ; Martin Yelkouni.
L’évolution rapide de la technologie au cours des dernières années a indéniablement contribué à l’amélioration des conditions de vie de l’humanité. Cependant, cette évolution a symétriquement entrainé de nombreuses conséquences écologiques, notamment la production et l’accumulation des déchets d’équipements électriques et électroniques (D3E) dangereux pour la santé humaine et l’environnement. Dans les pays en développement (PED), ces D3E ne subissent qu’une valorisation traditionnelle et artisanale à cause de l’insuffisance des ressources financières, techniques et logistiques, exposant ainsi les populations à de graves conséquences sanitaires. La ville de Douala n’échappe pas à cette règle d’où la présente étude dont l’objectif général est de contribuer à l’amélioration de la gestion des D3E au Cameroun, plus particulièrement dans la ville de Douala.Pour ce faire, une enquête par questionnaire a été menée auprès de 400 ménages installés à Douala choisis par échantillonnage aléatoire stratifié. L’analyse des données révèle une production annuelle des D3E de 37,4 kg/ménage/an, soit un total de 16 765,6 tonnes/an. S’agissant de la gestion, 76 % des répondants ont déclaré qu’ils éliminent leurs D3E mélangés à d’autres ordures ménagères, bien que 77 % d’entre eux affirment être informés des conséquences liées à ces déchets. On peut alors conclure que la gestion actuelle des D3E dans la ville de Douala n’est pas satisfaisante d’un point de vue écologique et […]

6. Prise en compte de la sensibilité paysagère dans la sélection des sites d’enfouissement de déchets ménagers par systèmes d’information géographique et analyse multi critère

Leila Benkahoul ; Youcef Kehila ; Siheme Aliouche.
Souvent situées à la périphérie des agglomérations urbaines, les décharges publiques en Algérie ont été jusqu’à une date récente des lieux de dépôt non contrôlés de déchets ménagers et assimilés, mais aussi d’autres déchets potentiellement dangereux comme les déchets de soins et ceux de l’industrie. Cette situation engendre non seulement des risques pour l’environnement et la santé humaine, mais également des nuisances telles que la dévalorisation des lieux ou la défiguration des paysages.Cependant, la réglementation algérienne sur la gestion des déchets s'est progressivement renforcée y compris dans son application effective. Elle impose depuis 2001 d'éviter de recourir aux « décharges publiques » au profit des Centres d'Enfouissement Techniques (CET). Ces derniers doivent répondre à des normes strictes de protection de l'environnement (étanchéification du sol, traitement des effluents…) et de réhabilitation du site en fin d'activité. Cependant, les études d’impact sur l’environnement imposées depuis lors pour ces installations classées n’abordent pas ou très peu, la notion de paysage et le rôle qu’il joue dans un système complexe et dynamique marqué par une anthropisation de plus en plus forte.Pour pallier cette lacune, la présente étude propose un processus de sélection de sites pour l’activité d’enfouissement des déchets ménagers et assimilés en intégrant la dimension sensible du paysage et ce, en amont de toute étude d’impact ou de faisabilité. Ce […]