N°66 - mars 2014


1. Éditorial n°66 Déchets Sciences et Techniques

Rémy Gourdon.
Créée il y a près de 20 ans, “Déchets Sciences et Techniques” est aujourd’hui encore l’unique revue scientifique francophone à comité de lecture affichant la gestion des déchets comme positionnement thématique principal.A l’heure où les déchets sont rebaptisés “ressources alternatives” ou “ressources secondaires”, au moment où les principes de l’écologie industrielle et de l’économie circulaire leur offrent une place centrale dans les flux de matière et d’énergie échangés au sein d’un territoire, à l’époque donc où les déchets ne font plus parler d’eux qu’habillés de ces étiquettes, la pertinence du titre et du positionnement de la revue est questionnable. On peut d’ailleurs constater que parmi les 5 articles publiés dans le présent numéro, un seul fait apparaître le mot “déchet” dans son titre et/ou ses mots-clés.Les déchets sont-ils pour autant devenus une préoccupation révolue ? N’y a-t-il plus que de “l’or dans nos poubelles” ?

2. Caractérisation géotechnique des sédiments de dragage marins en vue de leur valorisation en techniques routières

Farouk Ben Abdelghani ; Walid Maherezi ; Mohamed Boutouil.
Afin de pouvoir recevoir des navires modernes d’une taille de plus en plus importante et d’empêcher l’envasement de ports, des dragages significatifs sont constamment requis chaque année afin d’élargir et de maintenir les accès aux ports à des profondeurs suffisantes. Ces activités génèrent des volumes importants de sédiments qui, dans certains cas peuvent contenir des éléments polluants. En France, plus de 45 Mm3/an de sédiments sont dragués annuellement. Les sédiments sont généralement reargués en mer mais, vus les coûts et les réglementations de plus en plus restrictives, de nouvelles filières de gestion des sédiments doivent être appréhendées qui visent à trouver des solutions innovantes, économiques, environnementales et durables quant aux pratiques de gestion des sédiments de dragage.Dans cet article, les résultats des essais au laboratoire sont présentés et discutés. Ces essais permettent de caractériser les différents sédiments d’un point de vue physique et géotechnique. Les résultats obtenus montrent que les sédiments, malgré leur même origine, présentent des caractéristiques différentes. À la lumière de ces résultats et en se basant sur le guide français GTR, une classification des différents sédiments étudiés est établie. Cette classification nous a permis d’identifier le type et le dosage de produits de traitement à adopter.

3. Revue de littérature détaillée sur les tests statiques et les essais cinétiques comme outils de prédiction du drainage minier acide

Hassan Bouzahzah ; Mostafa Benzaazoua ; Bruno Bussière ; Benoît Plante.
Les rejets miniers sulfurés, comme les stériles et les résidus de concentrateurs, lorsqu’ils sont soumis à l’action de l’eau et de l’oxygène atmosphériques peuvent générer du drainage minier acide (DMA) suite à l’oxydation des minéraux sulfurés qu’ils contiennent. Le DMA est considéré comme le plus important problème environnemental auquel l’industrie minière fait face, et vue la gravité des dommages que ce phénomène peut avoir sur l’environnement, sa prédiction est d’importance capitale. Une prédiction fiable est capable de déterminer le type et les coûts liés à la restauration des sites miniers générateurs de DMA. Elle se fait à l’aide des tests statiques et des essais cinétiques. Les tests statiques permettent de faire un bilan instantané entre le potentiel de génération d’acide (AP) et de sa neutralisation (NP). Les tests statiques sont largement utilisés pour classer les rejets miniers comme générateurs d’acidité ou non, en se basant sur le Pouvoir Net de Neutralisation (PNN=PN-PA) et/ou le rapport PN/PA. Cependant, cette classification est caractérisée par une zone relativement large où les rejets miniers sont incertains en termes de leur pouvoir de génération d’acide (PGA). Dans ce cas, on fait appel aux essais cinétiques qui soumettent les rejets miniers à une oxydation accélérée et contrôlée au laboratoire, et renseignent sur les taux des réactions d’oxydation-neutralisation, le temps de latence avant la génération du DMA et la chimie des effluents, […]

4. Influence de la température sur la méthanisation de boues primaires d’épuration

M. Choo-Kun ; H. Fisgativa ; D. Conteau ; P. Camacho ; R. Gourdon ; P. Buffière.
L’influence de la température et de la charge organique sur la méthanisation des boues primaires de station d’épuration a été étudiée dans la plage de 28 à 60°C pour une charge organique allant de 2 à 8.5gDCO.L-1.j-1. Les travaux ont été réalisés à partir d’un inoculum mésophile, préalablement adapté. L’incubation des boues a été conduite dans des digesteurs thermostatés parfaitement agités de 10L alimentés quotidiennement. Les résultats révèlent que la production journalière de méthane est davantage influencée par la charge que par la température. Les performances épuratoires obtenues à 28°, 37° et 49°C s’avèrent similaires. Elles sont légèrement moins bonnes à 55°C, et le digesteur opéré à 60°C avec la charge la plus élevée a rapidement conduit à une inhibition acide avec arrêt de production de méthane. L’élévation de température conduit à une accumulation d’ammonium NH4+ dans les digesteurs, ainsi que de la DCO soluble (après filtration à 0,45µm). Ces variations suggèrent une modification des équilibres de biodégradation. L’effet de la température sur d’accélération des phases hydrolyse / acidogenèse s’avère plus accentué que sur les phases d’acétogenèse et de méthanisation, conduisant ainsi à l’accumulation de métabolites intermédiaires.

5. Valorisation des rejets miniers du district Pb-Zn de Touissit-Boubker (région orientale-Maroc)

Rabei Argane ; Mostafa Benzaazoua ; Ahmed Bouamrane ; Rachid Hakkou.
Au Maroc, aucun dispositif n’a été mis en place pour gérer l’abandon des anciens sites miniers. Ces derniers sont caractérisés par la persistance d’immenses tonnages de résidus miniers dont la nocivité est à l’origine, dans de nombreux cas, d’importants impacts environnementaux. L’objectif de ce travail de recherche est d’étudier la faisabilité de valorisation des rejets abandonnés du district minier Pb-Zn de Touissit-Boubker (Maroc) comme granulats fins pour mortier de finition. L’étude consiste d’abord en une caractérisation des propriétés physiques, chimiques et minéralogiques des rejets, suivie d’une évaluation des propriétés mécaniques des mortiers confectionnés. L’étude comporte aussi une évaluation du potentiel polluant des mortiers à base de ce type de rejets. Les résultats ont mis en évidence la présence d’une grande proportion de particules fines (< 63µm) et des concentrations élevées en As, Cu, Cd, Pb et Zn dans les rejets miniers. Il a été observé que l’utilisation des rejets miniers comme agrégats, pour la confection de mortiers, engendre une importante augmentation de la demande en eau nécessaire au gâchage ainsi qu’une diminution significative des résistances mécaniques en particulier à court terme. Toutefois, la stabilisation des rejets miniers dans la matrice cimentaire est effective puisque la dissolution du Pb et du Zn s’avère très limitée.

6. Etude et caractérisation des déchets ménagers de la ville de Mostaganem (Ouest-Algérie)

Noreddine Guermoud ; Ahmed Addou.
Notre étude porte sur la caractérisation des déchets ménagers de la ville de Mostaganem (Ouest Algérie) et ceci dans le but de proposer une ou plusieurs filières de valorisation. A cet effet, l’étude a été faite par quartier (secteur) et par saison. La collecte était assurée par le service de nettoiement de la Mairie (APC) de la ville de Mostaganem et acheminée au lieu de notre travail. Un tri manuel et minutieux est réalisé pour la caractérisation des déchets.L’analyse des paramètres physico-chimiques (la densité, la perte au feu, la conductivité électrique, le pH moyen, le taux d’humidité de la matière fermentescible, le pouvoir calorifique inferieur PCI, le carbone organique, l’azote) a été effectuée sur des échantillons obtenus en appliquant la méthode de quartage.La production des déchets par habitant et par jour pour le citoyen de Mostaganem est de 0,82 kg.hab-1.J-1. La matière organique représente 65,5 % des déchets, le papier et le carton 13 %, le plastique 7 %, le verre 4 %, les métaux 3,5 %, le textile 3 %, et les divers 4 %. Ces chiffres sont comparables à ceux des pays en voie de développement. L’étude en fonction des saisons a montré que la matière organique est passée à 80,3 % en été ce qui se justifie par la consommation des fruits et légumes alors que le papier chute à 8,3 %.Les déchets ménagers de la ville de Mostaganem sont riches en matière organique (perte au feu de l’ordre de 62 % de la masse sèche) et azotée (1,4 %) et possèdent un taux […]