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L'étude de la dégradation d'un pesticide dans le sol est essentielle pour déterminer son potentiel polluant (dégradabilité et disponibilité) et de ce fait son impact environnemental. Effectivement, après application, seul un faible pourcentage du produit phytosanitaire pulvérisé sera utilisé à des fins biocides, le reste constituera les résidus, sorte de déchets agricoles ayant des devenirs multiples dans l'environnement. Afin de répondre à cette problématique, la dégradation de l'atrazine a été étudiée pour deux sols représentant des situations pédoclimatiques contrastées (climat océanique et semi-continental) et des passés culturaux distincts: pas de traitement répété à l'atrazine pour l'un et 17 ans de traitement du maïs avec uniquement cet herbicide, pour l'autre. Cette étude nous a permis de constater une dégradation biologique de l'atrazine différente dans les deux sols. Pour le sol habituellement traité avec l'atrazine, la minéralisation de cette molécule est rapide et importante, allant jusque 70% de la dose appliquée en 4 mois (temps de 1/2 vie de 13 jours; hypothèse d'adaptation du sol à cet herbicide), tandis que pour le sol récemment traité avec cet herbicide, la minéralisation est lente et régulière, représentant seulement 15% de la dose appliquée en 4 mois. De ce fait la disponibilité des résidus à l'égard du lessivage, donc de la pollution des eaux souterraines par les résidus inutilisés, apparaît plus importante, du moins en durée, pour le site présentant une dégradation lente. Ce type d'étude est à prendre en compte, d'une part, pour estimer le potentiel polluant des produits phytosanitaires, notamment par les différents résidus, d'autre part, pour évaluer le potentiel agronomique de la molécule considérée (temps d'efficacité du traitement) et enfin pour observer l'évolution (adaptation) de la microflore des sols à la biodégradation des pesticides.